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BOR #2081: Pornographie et violence sexuelle

Posted by lolaagency on June 27, 2018


PORNOGRAPHIE


2081. Pornographie et violence sexuelle

 

Dans toute la Bible, des thèmes soulignent la nature imparfaite de l’humanité et l’espoir de rachat par le biais de notre relation en tant qu’enfants de Dieu dans les bras aimants de Dieu. Les lois de l’Ancien Testament sur la pureté invitent à comprendre que le corps est créé à l’image de Dieu et que nous devons rendre compte à Dieu en ayant des relations justes. Le Christ a partagé avec nous une vision du monde qui confirme notre vulnérabilité et affirme le statut sacré de la personne. Jésus-Christ offre une voie vers une relation aimante et protectrice avec Dieu et avec autrui, pour que nous traitions notre prochain et les familles avec amour en vue de relations physiques et affectives saines. John Wesley a décrit la voie vers une relation juste avec Dieu pour réaliser l’invitation dans le royaume de Dieu comme cheminement vers la perfection chrétienne. Tout au long de la vie, nous luttons puissamment pour avancer vers la vision de perfection chrétienne dans un monde imparfait.

Dans notre monde imparfait, nous nous affligeons des actes d’exploitation sexuelle et de pornographie. Nos Principes sociaux déclarent : « Nous déplorons toute forme de commercialisation, d’abus ou d’exploitation du sexe. Nous demandons le respect rigoureux au niveau mondial des lois sur l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi qu’une protection adéquate, une direction et des conseils pour les enfants abusés. Toute personne, quel que soit son âge, son sexe, son état civil ou son orientation sexuelle a droit au respect de ses droits humains et civils, et a le droit d’être protégée contre la violence. L’Église doit soutenir la famille par la diffusion d’une éducation appropriée sur la sexualité aux enfants, aux jeunes et aux adultes » (¶ 161F, Livre des Résolutions 2012). 

Le problème de la pornographie a radicalement changé au cours des deux dernières décennies ; les définitions ont changé, la complexité a augmenté et un niveau de réflexion accru est nécessaire. L’usage de thèmes violents et agressifs accompagnant des contenus sexuellement explicites continuent d’augmenter. La télévision, Internet et les technologies sans fil émergentes ont rendu les médias à caractère sexuel agressif largement disponibles, en particulier pour les enfants et les jeunes. La pornographie est fréquemment utilisée comme source d’information sur la sexualité. L’Église est appelée à guider la société à articuler une éthique qui affirme le don précieux de Dieu qu’est la sexualité humaine et qui protège les personnes vulnérables de la violence et de la coercition. 

L’interprétation courante de ce qu’est la pornographie n’est plus d’actualité. Certains estiment que la pornographie est un mal social car il s’agit de sexualité, tandis que d’autres défendraient la pornographie comme étant un droit universel à la liberté d’expression car il s’agit de sexualité. Mais la vérité est que la pornographie ne concerne pas que la sexualité : elle relève souvent de la violence, de l’avilissement, de l’exploitation et de la coercition.

Bien qu’il n’y ait pas de consensus généralisé sur les définitions, les suivantes sont suggérées comme base de dialogue :

2081.

La pornographie s’entend de documents à caractère sexuel à des fins d’excitation sexuelle décrivant souvent des actes de violence, d’abus, de coercition, de domination, d’humiliation ou d’avilissement. De plus, tout document sexuellement explicite représentant des enfants relève de la pornographie.

L’impact de la pornographie sur le comportement est difficile à mesurer. Bien qu’on ne puisse pas affirmer que la consommation de pornographie pousse un individu à commettre un acte spécifique d’agression sexuelle, plusieurs études suggèrent que cette consommation est addictive et peut prédisposer un individu à commettre des infractions d’ordre sexuel, et qu’elle encourage les délinquants sexuels à continuer et aggraver leur comportement violent et abusif. Rares sont ceux qui contestent le fait qu’une société qui soutient des industries de plusieurs milliards de dollars promouvant la violence sexuelle comme divertissement, décrivant l’abus et la torture de femmes et d’enfants dans un contexte sexuel est une société en difficulté.

« La pornographie, par sa nature même, est une toxine qui applique l’égalité des chances. Elle dégrade le spectateur, l’auteur, le conjoint et les enfants du spectateur et de l’auteur. C’est une dénaturation du pouvoir qui encourage une interprétation malsaine de la sexualité et des relations. Elle devient plus toxique à mesure que sa consommation augmente et que la « dureté » s’accroît, surtout si le consommateur est jeune et vulnérable. Le préjudice subi affecte les convictions et les comportements. Au niveau des convictions, le préjudice subi peut inclure et se traduire par une idée erronée de ce qu’est la pornographie, par la conviction que la permission d’agir est donnée et influencer l’attitude à l’égard de ce qui constitue une relation sexuelle et affective saine. Au niveau du comportement, le préjudice subi inclut des comportements psychologiquement malsains, des comportement socialement inappropriés et des comportements illégaux. » 1 

1. Dr Mary Anne Layden, co-directrice du Programme sur les traumatismes sexuels et la psychopathologie,

Centre pour la thérapie cognitive, Université de Pennsylvanie, témoignage sur le travail scientifique sur l’addiction à la pornographie devant la Commission du commerce, des sciences et du transport du Sénat américain, site Web, (témoignage d’expert).

Dans son ensemble, la pornographie est indissociable de l’oppression des femmes. Son attrait perdurera tant que l’excitation sexuelles sera stimulée par des images de pouvoir et de domination exercés par une personne sur une autre, le plus souvent par un homme sur une femme. La pornographie est aussi liée au racisme ; les femmes de couleur sont invariablement décrites de la façon la plus violente et dégradante. Le pouvoir destructeur de la pornographie réside dans sa capacité à assurer que les attitudes envers la sexualité continuent d’être influencées par des images qui nient la dignité humaine, l’égalité et la réciprocité. La pornographie contribue à l’aliénation dans les relations humaines, et elle dénature l’intégrité sexuelle des femmes et des hommes.

L’expansion de la pornographie sur Internet ces dernières années a rendu son accès plus facile pour les fournisseurs et les consommateurs, surtout pour les adultes se livrant à l’abus des enfants. Les preuves s’accumulent démontrant que les pédophiles utilisent régulièrement Internet pour attirer les enfants dans leurs filets. Un nombre stupéfiant de salons de discussion promeuvent le viol, l’inceste, les rapports sexuels avec des enfants, la prostitution enfantine et autres comportements criminels et violents.

Les documents pornographiques sont transmis dans le cyberespace à l’échelle mondiale, permettant tant aux adultes qu’aux enfants d’y accéder. Les décharges de responsabilité quant au contenu explicite de ces sites n’ont pas empêché des mineurs de les visionner.  La plupart des sites offrent des « aperçus » gratuits d’images explicites, obscènes et violentes, et ils contiennent des liens vers d’autres sites. Selon la Commission américaines sur la pornographie, les adolescents de 12 à 17 ans comptent parmi les plus grands consommateurs de pornographie.

Les personnes présentées dans les contenus pornographiques sont généralement des femmes, surtout des femmes de couleur. Le corps des femmes est traité comme un objet et une marchandise ; le corps féminin est démembré en parties qui sont agrandies afin d’obtenir un effet pornographique pour la consommation cybersexuelle. La nature mondiale d’Internet et l’absence de réglementation permet la diffusion de contenus pouvant être légaux dans un pays et visionnés dans un autre pays où ils sont illégaux. Les frontières nationales sont facilement franchies, et il n’existe pas de code de conduite international pour surveiller les contenus pornographiques.

Il convient de veiller à ce que les enfants et les jeunes soient protégés des contenus pornographiques. La supervision et l’amour de parents chrétiens et d’autres adultes bienveillants, avec le soutien de la famille étendue qu’est l’église, constituent la source principale d’éducation sexuelle. Une approche complète de l’éducation sexuelle offre une base supplémentaire pour lutter contre la pornographie. Les enfants, les jeunes et les adultes doivent avoir la possibilité de parler de sexualité et d’apprendre à partir de documents d’éducation sexuelle de qualité, dans le cadre de l’église et de l’école. Il est nécessaire de proposer une alternative à la pornographie par le biais de documents d’éducation sexuelle soigneusement conçus et adaptés à chaque âge, qui soient factuels et clairs, où l’on présente des relations consensuelles entre des adultes mariés. Les documents doivent être évalués par les intentions exprimées et les objectifs poursuivis, et non pas par le caractère explicite des images sexuelles. Si nous ne fournissons pas ce contenu, accompagné d’une supervision parentale et adulte, nous risquons que les enfants et les jeunes aient recours à la pornographie comme source principale d’information sur la sexualité.

Notre position sur la pornographie est claire : Nous sommes opposés à toutes les formes de pornographie. Nous soutenons les lois qui protègent les femmes et les enfants, et permettent d’incarcérer les fournisseurs de cette « industrie » qui fomente et développe les activités pornographiques. 

L’addiction à la pornographie adulte affecte les relations conjugales, les relations familiales et peut conduire à un comportement criminel. L’individu sous l’emprise de cette addiction doit être traité par les meilleurs pratiques en vue d’une guérison et d’une rééducation totales afin d’optimiser ses chances de relations saines à l’avenir. Lorsque la rééducation et la guérison n’aboutissent pas, nous sommes prêts à soutenir le conjoint et la famille avec amour et sollicitude. 

L’addiction à la pédopornographie est un comportement déviant et criminel qui doit être traité par la rééducation et des mesures juridiques. Nous déplorons le recours au système de justice pénale comme seul moyen de traitement de l’addiction. Cependant, lorsque l’individu dépendant s’adonne à un comportement criminel qui porte préjudice ou nuit à autrui, en particulier des enfants, ou si la rééducation échoue, nous sommes favorables à l’emploi de mesures juridiques afin que la personne dépendante réponde de ses actes et soit surveillée par la justice, pour protéger la personne dépendante et les victimes contre des préjudices futurs. 

L’Église Méthodiste Unie a déjà fait savoir publiquement qu’elle considère que la violence et les abus sexuels sont des péchés ; elle s’engage à œuvrer pour leur éradication (« Violence conjugale et abus sexuels, » Livre des Résolutions 2000 ; « Violence contre les femmes et les enfants, » Livre des Résolutions 2008), et déclare que « les enfants doivent être protégés contre l’exploitation et les abus d’ordre économique, physique et émotionnel. »  (Principes sociaux, ¶ 162C).

Estimant que la pornographie représente la violence, la maltraitance et l’humiliation dans un contexte sexuel, et estimant que toute représentation sexuellement explicite d’enfants est pornographique, nous affirmons que l’Église Méthodiste Unie est opposée à la pornographie. En outre, nous affirmons notre engagement en faveur d’une éducation sexuelle de qualité. Pour traiter les causes profondes de la pornographie nous encourageons les Méthodistes Unis à participer :  

  1. à l’élaboration de politiques sociétales et gouvernementales efficaces pour éradiquer la pédopornographie, l’exploitation des adultes et l’esclavage ; 
  2. à l’éducation visant à encourager des relations et des comportements sains ;
  3. à accorder de la compassion et des encouragements pour favoriser la rééducation et la guérison des personnes souffrant d’addiction, de leur famille et des victimes ; 
  4. à promouvoir des lois centrées sur un modèle de justice réparatrice ; et à encourager les personnes incarcérées vers la réinsertion et la guérison. 

Nous appelons l’Église Méthodiste Unie, ses agences générales, ses conférences annuelles est ses églises locales :

  1. à éduquer les congrégations sur le problème de la pornographie, surtout la pornographie sur Internet, à adopter des politiques strictes pour assurer la supervision des ordinateurs appartenant à l’Église, et assurer l’éducation et la formation sur l’éthique sexuelle ; 
  2. à rechercher des stratégies pour réduire la prolifération de la pornographie ;
  3. à œuvrer pour briser le lien entre la sexualité et la violence en encourageant les relations humaines saines ;
  4. à surveiller et prévenir l’accès à la pornographie et à des documents  sexuellement explicites par les enfants et les jeunes ;
  5. à participer aux efforts visant à interdire la pédopornographie et protéger les enfants qui en sont victimes ;
  6. à promouvoir l’utilisation de documents  d’éducation sexuelle de qualité, conçus par l’Église Méthodiste Unie ou par des tiers, afin d’aider les enfants et les jeunes à comprendre et respecter une sexualité qui affirme la réciprocité ;
  7. à proposer des séances de formation aux parents sur la réduction du risque couru par les enfants lorsqu’ils utilisent Internet ; à encourager les parents à fixer des règles pour les adolescents et les enfants ; à encourager les parents à utiliser des filtres sur les ordinateurs ; 
  8. à appeler à la responsabilité sociale dans tous les médias, y compris sur Internet et dans toutes les bibliothèques publiques ; à travailler avec des organismes locaux, nationaux et internationaux plaidant pour une surveillance mondiale des médias relative aux images de femmes, d’hommes et d’enfants ; et
  9. à participer aux efforts œcuméniques et/ou de la collectivité pour étudier et traiter le problème de la pornographie.

 

ADOPTÉ EN 1988

RÉVISÉ ET ADOPTÉ EN 2000

RÉVISÉ ET ADOPTÉ EN 2008, 2012

RÉSOLUTION N° 2081, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2008, 2012 

RÉSOLUTION N° 42, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2004 

RÉSOLUTION N° 36, LIVRE DES RÉSOLUTIONS 2000 

Cf. Principes sociaux, ¶ 161Q.

2101.